Vivre en appartement ne m’a pas empêchée de me lancer dans le lombricompostage. Au contraire : après quelques essais et quelques erreurs, j’ai trouvé des solutions simples et efficaces qui fonctionnent très bien dans un deux‑pièces. Si vous hésitez encore à franchir le pas parce que vous craignez les odeurs ou le manque d’espace, je vous partage ici mon expérience, mes astuces et les modèles qui, selon moi, conviennent le mieux aux petits logements.

Pourquoi choisir un lombricomposteur en appartement ?

Pour moi, le lombricomposteur est l’allié idéal du zéro déchet en habitat urbain. Il réduit significativement mes déchets organiques (épluchures, marc de café, sachets de thé, petits restes végétaux), produit un engrais naturel pour mes plantes d’intérieur et mon balcon, et occupe peu d’espace. Contrairement au compost traditionnel, il fonctionne à l’intérieur, sans odeurs s’il est bien géré, et sans mites si l’on suit quelques règles simples.

Quel type de lombricomposteur pour un deux‑pièces ?

Il existe plusieurs formats et chaque type a ses avantages. Voici un petit tableau comparatif pour vous aider à choisir :

Type Capacité / encombrement Pour un deux‑pièces Avantages Inconvénients
Tour empilable (plateaux) 10–30 L par plateau Très bien : modulaire, on ajoute des plateaux Facile à récolter, esthétique, peu d’odeurs si bien ventilé Coûte un peu plus cher
Bac unique (seau avec robinet) 10–20 L Pratique pour 1–2 personnes Compact, simple d’utilisation Moins d’espace pour que les vers se déplacent
Sac / Bac en tissu Variable, souvent 10–25 L Très compact et discret Léger, coûte peu Moins durable, gestion de l’humidité à surveiller

Pour mon deux‑pièces (nous sommes deux personnes), j’utilise une tour empilable de 3 plateaux d’environ 20 L par plateau. C’est suffisant pour la quantité de déchets que nous produisons et ça me permet de transférer les vers d’un plateau à l’autre au moment de la récolte.

Modèles que j’ai testés ou conseillés

  • Worm Factory / WormBox (modèle empilable) : facile à trouver en ligne, silencieux et adapté pour un appartement.
  • Vermicomposteur Brabantia (bac compact) : discret et esthétique, bon pour les débuts.
  • Sac en tissu Urban Worm Bag : pratique si vous voulez un objet léger et peu visible.
  • J’ai une préférence pour les tours empilables car elles rendent la récolte plus simple et maintiennent mieux la ventilation.

    Les règles de base pour éviter les odeurs

    La peur des odeurs est compréhensible, mais dans la plupart des cas, elles résultent d’erreurs de gestion facilement corrigeables :

  • Pas de suralimentation : donnez aux vers la quantité qu’ils peuvent consommer en 2–3 jours. Pour deux personnes, commencez par 300–500 g de déchets par semaine et adaptez.
  • Équilibre carbone/azote : mélangez vos déchets "verts" (épluchures, marc de café) avec des matériaux "bruns" (carton non imprimé déchiqueté, papier ménager, paille). Cela évite l’humidité et la fermentation anaérobie.
  • Gérer l’humidité : le lombricomposteur doit être humide comme une éponge essorée. Si ça sent l’ammoniac ou la fermentation, c’est trop humide. Ajoutez du carton ou du papier déchiqueté.
  • Aération : choisissez un modèle ventilé ou percez des trous si nécessaire. L’air évite les mauvaises odeurs.
  • Pas de produits interdits : évitez la viande, poisson, produits laitiers, graisses et grandes quantités d’agrumes ou d’oignons.
  • Où installer son lombricomposteur dans un deux‑pièces ?

    Je l’ai d’abord mis dans la cuisine, contre un plan de travail. Après avoir constaté qu’il ne gênait pas, il est resté là. Autres options : le balcon (protégé du gel), un placard ventilé, ou sous l’évier si l’endroit n’est pas trop humide. Évitez les endroits très froids (<10°C) ou très chauds (>30°C), car les vers n’apprécient pas ces extrêmes. Une pièce à environ 15–25°C est idéale.

    Alimentation : quoi donner et comment ?

  • Bon : épluchures légumes et fruits (en petites quantités d’agrumes), marc de café, filtres à café, sachets de thé (sans agrafes), restes de légumes cuits, morceaux de pain sec, coquilles d’œufs écrasées.
  • À limiter : agrumes en grande quantité, oignon cru, ail.
  • Interdit : viande, poisson, produits laitiers, huiles, gros os.
  • Astuce pratique : je coupe tout en petits morceaux et je recouvre toujours les nouvelles apports d’une couche de carton humide. Cela limite les mouches et évite les mauvaises odeurs.

    Entretien régulier et récolte

    Chaque semaine je vérifie l’humidité, je mélange légèrement si besoin et je retire les gros morceaux non compostés. Pour récolter les lombricomposts, j’attends que le plateau du bas soit rempli de terre riche : je déplace les déchets récents vers un plateau supérieur et j’attends que les vers montent naturellement. Sinon, méthode manuelle : tamisage ou tri par tas lumineux (les vers fuient la lumière).

    Problèmes fréquents et solutions rapides

  • Odeurs d’ammoniac / fermentation : réduire l’apport, ajouter du carbone (carton), aérer.
  • Mouches / moucherons : recouvrir la surface de carton humide, éviter les aliments très sucrés à l’air libre. Un couvercle fin en moustiquaire fonctionne aussi.
  • Vers qui fuient : température inadaptée, trop humide ou trop sec ; replacez le bac dans une plage 15–25°C et ajustez humidité.
  • Moins d’activité : nourriture inadéquate ou stress (trop d’agrumes, produits chimiques). Reprenez une alimentation variée et douce.
  • Le lombricompostage est pour moi une petite aventure quotidienne : on apprend à connaître son bac, ses vers et ajuster au fil des saisons. Si vous débutez, partez sur un petit volume, suivez les règles d’équilibre et ne paniquez pas au premier petit désordre — la plupart des problèmes ont une solution simple.

    Si vous voulez, je peux aussi vous proposer une liste de modèles disponibles en France avec leurs dimensions et prix approximatifs, ou un guide pas‑à‑pas pour l’installation du premier bac. Dites‑moi ce que vous préférez !